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Notre première expérience en canyoning

Notre découverte du canyoning

Avec un groupe d'amis, nous avons décidé cette année de nous retrouver pour pratiquer une activité de pleine nature en plein cœur de la montagne ariégeoise.

Que de choix ! Cela étant, nous avions entendu parler du canyoning, une pratique en vogue, aventureuse et très "nature" dont nous ne connaissons absolument rien.

Notre curiosité et besoin de nous retrouver ensemble, en pleine nature, nous a poussé à faire quelques recherches avancées sur internet. Nous avons trouvé une définition : "le canyoning consiste à progresser dans le lit d'un cours d'eau cheminant dans des gorges entrecoupées de cascades. Les techniques de descentes pratiquées sont la marche, la nage, les sauts et glissades et descentes en rappel sur corde".

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Cette activité semble répondre exactement à nos attentes, du fun, des sensations et découvrir une nouvelle activité… mais étant complètement débutant, hors de question d'essayer cela tout seul !

Quelques recherches de plus nous amènent aisément à trouver une liste de professionnels proposant des descentes de différents niveaux, difficile de choisir... Finalement nous avons fait appel à Spéléo Canyon Ariège, des professionnels du canyoning qui semblent très sérieux, qui détaillent très bien les différents parcours sur leur site internet et qui de surcroit, offrent un accueil personnalisé très rassurant. Nous avons choisi avec Rodolphe, le moniteur, par téléphone le parcours le plus adapté à notre niveau. Super, c'est parti pour l'aventure dès ce week-end, et en plus nous ne seront que tous les six, mes amis et moi, juste entre nous !

C’est l’heure du départ depuis Toulouse, excités mais un peu tendus car c’est pour nous un saut vers l’inconnu. La petite heure d’autoroute nous détend, tous rejoignons la base de canyoning à Niaux… nous allons bien voir sur place car nous arrivons déjà…

accueil café spéléo canyon ariegeAprès avoir fait connaissance avec le moniteur autour d’un café, il nous présente le programme et des photos de l’activité, Arthur son photographe, ainsi que le matériel spécifique pour faire la descente. Une approche très rassurante autour d’un petit café, parfait.

Distribution du matériel spécifique, à savoir : un équipement pour se protéger du froid (combinaison néoprène intégrale et chaussettes, chaussures de canyoning, casque) et un équipement pour pouvoir franchir les cascades (harnais, cordes, mousquetons, descendeurs canyoning, longes etc...). Puis nous partons sur le site au village typique de Hourré, magnifique !

Après une très courte marche d’approche ombragée, nous nous équipons de tout cet attirail. Notre moniteur nous enseigne préalablement les techniques de progression : marcher dans l'eau sur des rochers plus ou moins glissants, nager, descendre en rappel des cascades, sauter dans des vasques, glisser sur des toboggans de roche et même communiquer entre nous par signes. Alors l'aventure commence ! Car il s'agit bien d'une aventure ! Le milieu naturel est inconnu, escarpé, surprenant… On pénètre alors dans une gorge taillée dans la roche et découvrons un monde minéral incroyablement coloré.

Le moniteur prend la tête de notre petit groupe, chacun avec un sac remplis de cordes… Puis après quelques minutes de marche, le bruit d'une première cascade se fait entendre...

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Le moniteur s'approche doucement, sort une petite corde de son sac et l'attache à des amarrages solidement scellés dans la roche. Il installe ainsi la « main-courante » d’accès qui nous permet de pouvoir être au bord de la cascade en toute sécurité puis les cordes de descente en rappel. . Nous voilà en haut d'une cascade d'une dizaine de mètres surplombant une grosse marmite d'eau claire et limpide. L’endroit est magnifique ! 

Bien que cette première cascade soit un peu impressionnante, nos exercices de préparation en début de canyon nous aident à faire face. Notre moniteur nous rassure en nous rappelant qu'il est là pour nous aider, pour nous enseigner comment faire et sécuriser notre descente… 
Nous appliquons ses consignes. Il nous encourage joyeusement, et nous surprenons nous-même d’être capable de descendre en rappel pour la première fois par nous même avec tant d’ « aisance », enfin si on peu dire ! D’où l’importance de partir avec une personne expérimentée et d’être en équipe afin de pouvoir s'entre-aider pendant la descente.

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Le photographe n’en rate pas une, il est partout à la fois, une fois perché au dessus de nous, une autre sur sa propre corde de rappel de l’autre coté de la cascade ! Heureusement qu’il est là pour immortaliser nos exploits car nous n’avons pas de trop de nos deux mains !

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Une fois en bas de la cascade, libérée de la corde, nous sortons de cette douche incroyable créée par la cascade d'eau fraîche avec un sentiment puissant de réussite et de dépassement ! Un premier exploit pour nous tous, qui ne sommes tous néophytes en techniques de cordes !

De la roche et de l'eau, du soleil, de la fraicheur, et surtout du « fun »… La joie se lit sur nos visages. Des falaises de plusieurs mètres nous entourent et nous sommes là, les pieds dans l'eau à contempler ce petit paradis sans plus aucune pression… Quelques arbres au sommet des falaises agitent leurs branches ombrageuses coupant la lumière et le contact avec la civilisation. Toute notre équipe est très enjouée de pouvoir découvrir ce nouveau terrain de jeu sauvage qui va nous réserver encore bien des surprises. Une succession de petites cascades, de toboggans et progression divers, jusqu’à cette magnifique gigantesque « marmite » finale où nous découvrirons le plaisir des sauts de différentes hauteurs… Quel programme !

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Retour à la base de Spéléo Canyon Ariège ou nous débriefons fièrement avec notre moniteur autour d’un petit jus de fruit et quelques encas bienvenus. Et pour terminer en beauté, notre photographe nous offre un petit « showroom » privé afin de nous présenter une sélection des plus belles photos de notre aventure !

Merci à toute l’équipe pour le partage de votre passion, nous reviendrons c’est certain.

Gaëtan et Marie



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Nouvelle Zélande Canyoning Festival

Un festival de canyoning en Nouvelle Zélande

Au mois de février se déroulait le NZ (Nouvelle Zélande) Canyoning Festival dans ce beau pays du bout du monde. C'est la NZ Canyoning Association qui organisait l'évènement. Les places sont limitées mais pas cher, 80$ pour s'enregistrer en ligne. Il vaut mieux s'y prendre à l'avance. Le concept est simple : se retrouver pour faire du canyon ensemble et échanger sur notre passion commune. Le festival se déroulait sur trois jours.

La veille du festival, des exercices de secours se sont déroulés supervisés par LandSAR NZ, les services de recherche et secours officiels en Nouvelle Zélande, en partenariat avec la NZ Canyoning Association et la Christchurch Alpine Cliff Rescue team. Le premier jour, des ateliers ont été mis en place. Un de ces ateliers était intitulé ; marcher comme un ninja. On y perfectionnait les déplacements de cailloux en cailloux, ajoutant la touche ninja au geste. Puis tout le monde se retrouvait à la base canyon, au centre culturel d'Oxford, Canterbury, pour partager un repas. C'était l'occasion de retrouver les gens du milieu du canyoning présents en Nouvelle Zélande mais aussi d'autres venus exprès de l'étranger. Pour moi, c'était l'occasion de retrouver des têtes familières, certaines bien connues à Spéléo Canyon Ariège (SCA), et d'en rencontrer des nouvelles.

carte nouvelle zelande dessin
L'île du Sud de la Nouvelle Zélande

Le premier soir, face à un buffet de burgers à monter soi même, j'ai retrouvé Adrien Paris, qui habite maintenant en Nouvelle Zélande et avec qui on avait fait du canyoning quelques temps plus tôt ainsi que Gus Schiavon. Les deux ont été photographes canyoning à SCA et ce sont eux qui m'ont formé. Voilà un moment qu'on n'avait pas été réunis et c'était un plaisir de les retrouver ! George Yates était également présent, un ancien stagiaire de Rodolphe à SCA. Il possède maintenant sa boite en Ecosse, The Canyoning Company, avec qui il propose des séjours sportifs en Ariège. J'ai eu le plaisir de le rencontrer à plusieurs reprises. D'autres anciens stagiaires et connaissances de Rod étaient là, j'ai pu faire la connaissance d'Andrew Humphrey, Usa Colorado, Toine Hountenbos, Abel Tasman NZ et Mike Barnett, Hawaii, Usa.

Le milieu du canyoning n'est pas si grand, l'activité est encore jeune, surtout en Nouvelle Zélande, on se retrouve facilement et c'était bien là le but de cette première soirée ; se retrouver autour d'une bière avec un burger en riant fort. Le lendemain, on partait en canyon, il fallait décider où. Ce fut difficile mais on arriva à se mettre d'accord sur Curtis Creek, dans Arthur's Pass. Côté V4A2III, avec une heure vingt de montée pour trois heures vingt de descente, il nous semblait approprier pour faire une sortie canyoning ensemble agréable et sportive.

Arthur's Pass Nouvelle Zélande
Arthur's Pass

On s'est retrouvés devant les fameuses Pie de Sheffield de bon matin. Enfin, de bon matin, y en a deux qui ont réussi à ne pas trouver le lieu de rendez vous et qui sont arrivés comme des fleurs une demi heure en retard. Notre équipe était composée d'Adrien, Gus, George, Mike, Camille la seule kiwi de l'expédition, Pitt un australien qui travaille dans une boite canyon à Queenstown, Laura la seule française de l'expédition et moi. La route pour rejoindre Arthur's Pass est superbe, elle dure presque deux heures, surtout avec un vieux van toyota. Arrivés sur place on a déposé la deuxième voiture à la sortie du canyon et on a commencé la marche d'approche sous un beau soleil dans la vallée d'Ottira. Des nuages gris s'accrochaient aux sommets lointains de la vallée.

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La vallée d'Ottira

On s'est retrouvés devant un grand pierrier assez raide. Pendant la montée, les nuages gris se sont regroupés et une petite pluie légère nous a surpris dans nos maillots de bain. Nous sommes arrivés trop haut par rapport à l'entrée du canyon et il fallut redescendre un peu.

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Montée dans le pierrier

On s'est équipés sous la pluie avant de commencer la descente à travers le bush néo-zélandais, une expérience en soi. On ne savait pas bien où était l'entrée du canyon mais il nous fallait descendre. On a a fini par y arriver et la descente a pu commencer, la pluie était passée, on pouvait apprécier l'aventure.

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"Bush bash down" comme disent les kiwis
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Les premières cascades de Curtis Creek, dans une ambiance végétale de bout du monde

Le début du canyon était composé de cascades assez arrosées, George partait devant avec Pitt comme des fusées, équipant les obstacles. Je prenais des photos. On a descendu pas mal de rappels, avant de se retrouver face à la grande soixante.

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Camille dans les rappels de Curtis Creek
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Mike barnett dans une cascade

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Adri Paris

Devant nous le paysage s'ouvrait sur le grand viaduc qui traverse Arthur's Pass. Le fond de la rivière était soixante mètres plus bas. La descente face au décor majestueux est indescriptible, on passe sous une puissante chute d'eau, et on descend en rappel sur la grande paroi en se disant que peu de gens viennent jusque là. Pendant un instant, plus rien ne compte que ce moment là. Le reste du monde a disparu et on peut être pleinement présent sur chaque geste et chaque seconde. Tout le monde s'est régalé sur ce beau passage.

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Pitt s'engage en premier sur la descente de la soixante
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George Yates dans la soixante mètre avec le viaduc au fond.
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La soixante mètre vue d'en bas

On a suivi la rivière pour la traverser et rejoindre le viaduc. On a marché le long de la route pour rejoindre la deuxième voiture. La pluie a repris alors qu'on se changeait. On s'est dirigés vers Oxford, Gus présentait le film d'une expédition dont il avait fait partie, la projection avait lieu le soir même. On a partagé une bière en rigolant de notre aventure sous la pluie en maillots de bain.

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L'équipe à la sortie

C’était une belle aventure que de se retrouver ensemble à l’autre bout du monde pour ce canyon. Entre anciens stagiaires de SCA, on a pu profiter pleinement de nos compétences acquises en France et découvrir parmi les plus beaux canyons du monde ! On a pu échanger sur les différents projets qui se mettent en place et on a pu se retrouver autour d’une passion commune, pour un moment de joie et de rires sportifs. Alors si comme nous, vous rêvez de sortir des sentiers battus, je vous invite à contacter Rodolphe et à vous former avec lui.

Pour plus d'aventures en Nouvelle Zélande, jetez un œil sur mon blog personnel !


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Une expédition indienne en Slovénie

La Slovénie avant l'expédition en Inde

On est partis avec Rod de Tarascon-sur-Ariège de bon matin direction la Slovénie. C'était là-bas qu'avait lieu la réunion préparatoire à l'expédition 2020 en Inde. On allait retrouver des canyoneurs du monde entier. Adrien Paris est un vidéaste français de renom, que vous connaissez peut être, vu qu'il a fait ses armes chez Spéléo Canyon Ariège. Il arrivait du Monténégro avec Julien Fichot, photographe canyon français, et Louis Rogissart, instructeur belge. Tous les trois avaient fait la saison d'été chez Adriatrek Canyon et remontaient en voiture depuis les Balkans. Olda Stos, une pointure du canyon en Europe de l'Est, d'origine tchèque, nous rejoignait pour le week end depuis Brno. Sa compagne Katka Hebka devait être présente mais suite à un problème médical elle n'a pas pu se joindre à nous. Un des coéquipiers d'Olda dans l'expédition 2018 à Chamjé Khola, l'italien Jari Triboldi, serait également présent avec sa copine Lia. Ils arrivaient de la Vallée d'Aoste. Un photographe canyon slovène viendrait lui aussi de Ljubljana la capitale, c'était Ziga Humar.

slovénie alpes

Yann Ouzoux, qui a participé à l'expédition Chamjé Khola 2011 aux côtés de Lionel et Rod, qui a longtemps travaillé en Ariège et qui est aujourd'hui président de l'association Himalayan Canyon Team, sera en direct depuis la Réunion, l'île cette fois, pour participer. Mais je vous avoue que celui qui nous intéressait le plus dans le camion en traversant la France dans sa longueur avant d'attaquer l'Italie, c'était Lionel Rias. Lionel, en plus d'être un excellent spéléo, avait travaillé pendant des années avec Rod dans le canyon du Chassezac et tous les deux avaient participé à l'expédition 2011 de Chamjé Khola, mais surtout, surtout, Lionel avait un appartement pour la nuit à Kobarid, Slovénie, et ça, ça valait tout l'or du monde.

rodolphe sturm

Après 14 heures d'autoroute, on a retrouvé Lionel pour passer la nuit. Le lendemain, on est partis tous les trois faire un tour dans les Alpes Slovènes autour de Bovec avant de retrouver Adrien, Julien et Louis à Ljubljana. C'est le vendredi qu'on a rencontré l'équipe au grand complet, dans un gîte près de Bovec, pour la première réunion concernant l'expédition 2020. Il est question d'aller ouvrir le canyon de Khoksar en Inde, dans l'Himachal Pradesh, au début de l'Himalaya, après le fameux Rohtang Pass, dans la Vallée de Spiti. Une ouverture de canyon n'est pas une mince affaire. Il faut des renseignements sur le canyon lui-même, certes, son dénivelé, sa configuration mais aussi sur les alentours, les conditions météo, l'ensemble. Les réunions étaient un moyen de faire le point, sur les informations déjà collectées, et sur l'équipe. Parce que descendre un canyon où personne n'a été avant est aussi un travail d'équipe. Chacun dans l'équipe a des tâches précises, chacun a son rôle, et tous sont liés. Derrière ces noms qui ont fait déjà de grandes choses dans le monde du canyoning se trouve un être humain. Chacun se trouve seul face à soi-même dans ces conditions extrêmes et bon, c'est bien quand on affronte ses peurs d'être bien entouré.

kozjak canyon waterfall

Différentes réunions ont eu lieu pendant le séjour. L'équipe s'est formée ; Rod, Olda, Jari, Lionel et Yann assureront l'aspect technique dans le canyon, Adrien sera avec eux pour filmer l'aventure. Sur place, une équipe extérieure sera présente en cas de besoin d'intervention, avec Julien et Katka. Des locaux comme Monish Dave et Titli aideront aux préparatifs. Un hélicoptère a été mis à disposition de l'équipe. Les rôles de chacun ont été distribués pour préparer l'expédition, les aspects techniques ont été évoqués, le planning et l'organisation sur place, la logistique et la communication. Adrien et Julien ont présenté leur projet de film pour l'expédition. Adrien sera au cœur de l'action pour couvrir l’événement mais son projet est plus vaste et humain que de faire un simple film d'action. Un crowd founding va bientôt être ouvert d'ailleurs si vous voulez participer à l'aventure !

kozjak canyon jump

Pour lier l'équipe et pour se connaître en canyon, il a été question d'aller pratiquer tous ensemble. Le deuxième jour, on est allés dans le canyon de Kozjak. Il faut savoir que les Alpes Juliennes, en Slovénie, sont un endroit magnifique. Le cadre est superbe, de beaux massifs se dressent imposants autour de la rivière Soca, c'est un terrain de jeu superbe pour faire du canyoning. Kozjak, non loin de Kobarid, est un canyon assez court, très encaissé, taillé dans la roche, quotté V4A5II. L'équipe s'est retrouvé à l'entrée du canyon et tous se sont élancés dans cette grande faille. On a posé une corde uniquement à la fin, face à une cascade d'une vingtaine de mètres. Face à chaque obstacle dans le canyon, tout le monde sautait hop hop hop, c'était pas évident à suivre ! Une cascade ? On saute. Une autre ? Pareil. En sortant du canyon, il a été question d'aller s’entraîner au couper de corde près de la rivière aux eaux bleues turquoises.

predelica canyon abseil

Le jour suivant, on est allés faire un tour dans le canyon de Predelica, un peu plus long et technique. C'était une bonne occasion pour mettre en application les techniques développées par Himalayan Canyon Team dans leurs précédentes expéditions. Le début du canyon est superbe, ouvert sur les sommets en face, très minéral. On alterne toboggan et rappels, puis une longue progression horizontale, et la dernière partie se termine par une belle cascade de 45m. C'était intéressant de voir les techniques mises en place par l'équipe, de tester sur le terrain la théorie, de voir ce qui marchait et ce qui ne marchait pas.

predelica canyon 45 waterfall

Après ces quelques jours passés en bonne compagnie, on s'est séparés. Chacun est reparti à ses occupations, en attendant le prochain rendez-vous pour finaliser les préparatifs de cette expédition prometteuse ! Affaire à suivre...

himalayan canyon team


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Une journée découverte sportive au canyon de l'Artigue

L'Artigue, un canyon idéal pour la découverte sportive

Le canyon de l'Artigue est le grand frère des canyons de la vallée de Vicdessos. Il est le plus ludique et le plus riche en obstacles.

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On commence la journée par un café, parce que sans café c'est pas pareil. L'accueil se fait au centre canyon de Niaux. Autour de la table dans le jardin, les participants se rencontrent. Rod détaille le programme de la journée. On commence par l'équipement individuel, chacun reçoit son matériel ; chaussettes, chaussures, combinaison néoprène, baudrier, casque. On fait un sac à dos avec le tout qu'on appelle une "tortue". On conditionne le pique-nique de chacun, on vérifie qu'on n'a rien oublié. On met tout dans le camion. C'est parti pour un court trajet en voiture jusqu'au parking de l'Artigue.

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Du parking, la marche d'approche est superbe. Ça commence un peu raide puis ça s'ouvre sur le massif du Montcalm. En face de nous se dresse le pic d'Estat et le canyon éponyme. En pleine montagne, on gambade avec nos tortues sur le dos. C'est le début de l'aventure. On est au cœur des Pyrénées Ariégeoises, au milieu de nulle part. La civilisation s'éloigne petit à petit faisant place à la nature sauvage des sommets. On arrive derrière le cirque de Bassiès et son pic rouge. C'est "la salle de restaurant", le lieux du pique-nique, face aux montagnes. Déjà là, on a bien transpiré et on est heureux de manger un morceau.

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Après un briefing complet sur la communication, le déplacement en canyon et les techniques de rappel et de saut, sachant que les sauts ne sont jamais obligatoires, on commence la descente. L'Artigue est un canyon progressif. La première partie, ouverte sur les sommets, permet d'admirer les environs tout en se mettant dans le bain de l'activité. Un premier petit saut, des toboggans courts, on se trempe dans l'eau, on y est. Les obstacles s’enchaînent, c'est sportif, on saute cinq mètres, on fait du rappel sec, du rappel dans la cascade, on passe le grand toboggan.

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Déjà la configuration du canyon a changé, il devient plus encaissé, la végétation se fait plus rare, on sent qu'on touche au cœur de l'activité canyon. Dans un virage, le paysage apparaît, éblouissant. On comprend vite qu'il n'y a qu'un moyen d'accéder à cet endroit si particulier ; en pratiquant le canyoning. Alors qu'on en a déjà pris plein la vue, vient le grand saut, possible jusqu'à dix mètres. Montée d'adrénaline oblige, on ne saute pas de dix mètres tous les jours. C’est là où le canyoneur apprend que parfois il faut savoir renoncer à sauter l’obstacle.

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On arrive à la grande cascade de vingt mètres ! Plusieurs options s'ouvrent, suivant le débit de l'eau ; soit on passe un grand rappel au sec avec comme décor cette énorme marmite d'eau turquoise encaissée entre des parois d'une couleur ocre-rougeâtre à vous couper le souffle, soit on passe sur la grande tyrolienne pour arriver directement au milieu de cette même marmite. Ça continue avec un saut de huit mètres, un dernier toboggan et on arrive au pied des cascades de l'Artigue, petite cerise sur le gâteau. L'affluent qui arrive du canyon d'Estat se déverse du haut de belles cascades où l'on se sent petit face à la puissance de l'eau. Après un dernier petit saut histoire d'être sûr qu'on ne regrette rien, on marche jusqu'au parking pour se changer.

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Après une journée comme ça, rien ne vaut une bonne bière bien fraîche ! On en profite pour se retrouver autour de la table du jardin dans le centre de Niaux et parler de cette belle journée qu'on vient de passer. Chacun y va de sa petite histoire, de ce moment où il a vraiment adoré, de cet endroit où c'était si beau. Le canyon de l'Artigue, c'est une belle découverte de l'activité canyoning et un superbe dépaysement au cœur de l'Ariège. Rod est heureux de pouvoir vous faire partager, le temps d'une journée, sa passion d'une vie ; le canyoning !

Rendez-vous cet été au canyon de l'Artigue !


Des écossais dans le canyon d'Estat

Des écossais à la conquête du canyon d'Estat.

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Petit retour en arrière. Vous vous souvenez de l'écossais qui participait à ma première journée de canyoning dans le canyon de l'Artigue ? Et bien il se trouve qu'il a fortement apprécié l'Ariège et, lorsqu'il a monté sa propre entreprise de canyon The Canyoning Company, il a mis en place une formule de voyage. Voilà que des écossais débarquent en Ariège ! C'était en 2017. Pour les aider dans leur première expédition avec leurs clients, Rod leur met à disposition le centre et je leur propose de les aider. Ils sont restés une semaine, avec chaque jour un canyon différent. Pour finir en beauté, ils partent avec Rod à l'assaut du canyon d'Estat.

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Photo by Gus Schiavon

Ce fut une superbe journée. Il faisait grand beau et on rigolait dans la marche d'approche. On avait un peu de mal à se comprendre parfois, les accents hein... On a débouché hors de la forêt, au milieu des gispettes. La vue était imprenable sur le pic rouge de Bassiès et le canyon de l'Artigue. En dessous de la bergerie, on a pris notre déjeuner à l'entrée de la partie inférieure du canyon d'Estat.

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Et nous voilà partis ! Les deux écossais étaient montés sur ressorts, l'équipe était maintenant au point, chacun était actif. Ceux qui n'équipaient pas les relais aidaient à remettre les cordes dans les sacs, transportaient les cordes en avant, on s'entraidait, on se marrait. Le canyon d'Estat est un bon challenge, même pour une équipe en place et motivée par une semaine de canyon. C'est le plus grand, le plus beau et le plus engagé de la vallée de Vicdessos.

canyon estat rappel speleo canyon ariege
Photo by Gus Schiavon

De rappel en rappel, on progressait à travers le canyon. La concentration était de mise, la journée était technique. On a finit sous le soleil, après le corridor vient la grande cascade de quarante cinq mètres. Les écossais auront apprécié le challenge. Il est vrai qu'il est difficile de ne pas apprécier la douceur de vivre, la beauté des paysages et les canyons de l'Ariège. En partant, ils ont insisté pour que je vienne leur rendre visite en Écosse, ce qui sera fait quelques temps plus tard.

Alors les écossais ne sont pas là, mais on prévoit quand même une sortie au canyon d'Estat jeudi 08 août. Est-ce que vous voulez relever le challenge ? Il reste peut être une place...


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Le canyon d'Escales, fun et sauvage

Ça glisse dans le canyon d'Escales

Le canyon d'Escales est reculé dans la vallée de Siguer. Loin de tout, on est au cœur de la forêt ariégeoise. C'est peut être le plus sauvage du coin. Une courte marche d'approche d'une vingtaine de minutes nous plonge dans l'ambiance de ce canyon peu ordinaire. Sous les grands arbres, la troupe avance jusqu'au départ.

canyon escales foret speleo canyon ariege

Le canyon d'Escales n'est pas difficile mais il demande à ce qu'on soit bien accroché. Il y a très peu de rappel, un ou deux maximum. On descend cette gorge taillée en pleine forêt la plupart du temps dans l'eau. Ce qui fait l'originalité de ce canyon, ce sont les toboggans. Obstacles très marrants, il y en a un paquet ! Le plus grand fait vingt-deux mètres. Pour les amateurs de glisse, c'est parfait. Mieux qu'un parc aquatique, on découvre avec plaisir ce parcours où l'on passe les obstacles allongés sur le dos.

canyon escales grand toboggan speleo canyon ariege

Il faut pas croire, c'est physique. On passe son temps dans l'eau et les bulles. En équipe c'est très sympa, on se retrouve vite en enfance. Le cadre est magique et les sensations ne manquent pas. C'est original pour un canyon car le fait de parcourir tout un canyon en toboggan est assez rare. On préfère souvent faire du rappel ou des sauts. Ici, on joue sur un autre terrain, ludique et fun. Les canyoneurs initiés peuvent y découvrir une variante de l'activité. Pour faire du canyoning loin de la foule y a pas mieux. La marche de retour, qui dure environ dix minutes, justifie à elle seule la sortie. On se croirait au Laos, la mousse s'accroche aux arbres et si on a de la chance on peut trouver des cèpes !

canyon escales foret retour speleo canyon ariege
Crédit photo, vidéo et texte : Arthur Serres

Le canyon d'Escales vous tente ? N'hésitez pas, ce sera une belle découverte :

 

 

 


Pourquoi venir faire du canyoning avec nous cet été ?

Pourquoi venir faire du canyoning avec nous cet été ?

En quoi consiste le canyoning ?

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Tout d'abord, le canyoning est une activité de plein air en montagne. Les amoureux de la nature et des grands espaces pourront se régaler et en prendre plein la vue. L'idée est d'effectuer une descente dans une gorge ou canyon. Pour se faire, on monte au départ du canyon, c'est la marche d'approche. La durée d'un canyon varie selon son envergure et sa marche d'approche. Elle varie dans la vallée de Vicdessos entre quinze minutes pour le canyon de Marc et deux heures et demi pour celui d'Estat. Arrivé au début du canyon, on va descendre à l'aide de plusieurs techniques. La première et essentielle est de marcher dans l'eau, sur les rochers. Puis suivant les obstacles que l'on rencontre, on va pouvoir sauter dans une "marmite" d'eau profonde. Si le saut n'est pas possible, on va peut être pouvoir glisser en toboggan ou bien descendre sur une corde en rappel. Bien entendu chez nous aucun saut n'est obligatoire. Quand on arrive dans l'eau, on va nager pour rejoindre l'obstacle suivant. Les obstacles sont souvent des cascades plus ou moins grandes.

Pourquoi le canyoning est bon pour vous ?

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Le canyoning est un mélange de plusieurs activités, entre marche, nage et corde, vous utilisez tous vos muscles sans même vous en apercevoir. On se dépense avec le sourire et ça c'est bon pour traîner à la plage après. Votre cerveau est occupé à analyser un environnement qu'il ne connaît pas. Du coup, il ne réfléchit plus à l'effort qu'il est en train de fournir ni au boulot qu'il reste à faire à la maison. Les soucis de tous les jours s'envolent dans une cascade d'eau fraîche. Devant les obstacles plus ou moins difficile, chacun se met face à ses peurs et ses défis. Le dépassement de soi est au cœur de l'activité. C'est quand même super cool de se retourner pour voir qu'on a descendu ce rappel ou sauté cette cascade, c'est pas tous les quatre matins qu'on fait ça, ça donne la banane et ça fait travailler les zygomatiques, un muscle de plus qui bosse !

Pourquoi du canyoning chez nous ?

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Chez Spéléo Canyon Ariège, vous êtes accueillis dans notre centre de canyon autour d'un café pour faire connaissance. On prend le temps de vous expliquer le programme de la journée. On vous fournit les dernières combinaisons Maskoon de chez Décathlon, d'une souplesse incroyable, elles offrent un confort et une protection à toute épreuve en plus d'avoir le style absolu sur les photos ! Pour compléter le look vous aurez aussi les chaussures dernier cri, le baudrier et le casque. Chez nous, vous êtes avant tout un stagiaire, grand ou petit, on vous forme aux techniques de descente de canyoning. C'est pourquoi vous aurez un briefing complet à l'entrée du canyon pour pouvoir vous déplacer en toute sécurité le long du parcours. Nous enseignons à chaque personne suivant son niveau et son envie d'apprendre. En famille, entre potes ou pour un enterrement de vie de garçon, nous nous adaptons toujours à notre public. Après avoir bien profité de la sortie, on se retrouve au centre pour boire un verre.

Alors, qu'est-ce que vous attendez pour aller faire du canyoning chez nous cet été ?


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Une journée canyoning à l'Artigue chez Spéléo Canyon Ariège

Made in Spéléo Canyon Ariège ; un jour au canyon de l'Artigue

On s'est retrouvés avec Thomas et ses enfants au centre de Spéléo Canyon Ariège. On buvait un café en discutant, John et Clyde étaient en retard. Thomas venait d'Allemagne, il était en vacances. John et Clyde sont arrivés, on s'est tous salués, John était d'origine anglaise et son fils Clyde l'accompagnait pour cette sortie. C'était sa première expérience en canyon. John était assez charpenté, avec une bonne cage thoracique, son fils était plutôt baraque lui aussi, Thomas était un peu plus petit mais bien costaud, ses enfants étaient ados, ils avaient l'air en forme. On avait une bonne équipe pour cette journée !

canyon artigue départ speleo canyon ariege

Rod expliquait le déroulement de la journée, un café à la main. On est allé s'équiper dans le centre, on a tout mit dans le camion et on s'est dirigés vers l'Artigue. On était un peu dans l'expectative, on ne savait pas comment allait être le niveau d'eau. On avait pris la météo, tout était bon, ça devrait le faire ! Après la bonne marche d'approche, on s'est installés face aux montagnes pour manger nos pique-nique. Le niveau de l'eau était parfait, des conditions idéales, on pouvait se détendre. John donnait à qui en voulait des morceaux de truite fumée, on regardait l'eau couler et les sommets au loin en mâchant nos sandwichs. On a quand même enfilé les combis et on est partis vers l'aventure.

canyon artigue toboggans speleo canyon ariege

Thomas et ses enfants étaient bien à l'aise dans le canyon. Un petit briefing sur la descente en rappel les a mis dans l'ambiance. John et Clyde s'amusent comme des petits fous dans les vasques d'eau, on avance. Le premier saut assez imposant passe tout seul, on se déplace comme des flèches, de cailloux en cailloux, de cascades en cascades. On attaque le grand toboggan, le saut, tout le monde a le sourire, les ados se régalent et les grands aussi. On est tous de grands enfants à jouer dans des marmites. La grande cascade de vingt mètre, on reprend un peu de sérieux. L’obstacle est d'envergure. L'eau fonce dans la marmite avec un bruit assourdissant, on passe à côté grâce à un grand rappel sec. Le canyon se finit, on reprend un petit sentier pour revenir à la voiture.

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En remettant des vêtements secs, tout le monde rigolait. Quelle journée, on en prend plein les yeux ! De retour au centre, on a pris un verre en regardant les photos de cette belle sortie canyon. Tout le monde était heureux d'avoir pu participer à cette aventure. Pourquoi pas vous ?


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Le canyon de Subra, un plaisir technique.

Entre technique et plaisir ; le superbe canyon de Subra !

Le canyon de Subra, c’est essentiellement du plaisir. La marche d’approche suffirait à elle-même d’en faire un enchantement. On traverse les zig zag de la piste forestière, il faut retrouver l’entrée pour la dernière section de la forêt, on s’y perd parfois, c’est l’aventure ! En pleine forêt, on retrouve un arbre, ha oui, c’est là ! Le pique nique s’impose au-dessus de l’entrée du canyon, histoire de profiter pleinement du spectacle. Et c’est le début de la descente !

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Le canyon de Subra est plus technique que ses frangins pas très loin, c’est un de mes canyon préféré. Les rappels s’enchainent en cascades, on passe la plupart du temps sur une corde. C’est l’occasion rêvée de se parfaire en technique de rappel. Entre les roches de schiste rouge la végétation éclate parfois à tel point qu’on se croirait perdus au milieu de la jungle cambodgienne mais non, on est bel et bien en Ariège ! Entre deux parois le paysage est magnifique, on peut rester à flâner mais pas trop longtemps.

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La descente n’est pas difficile mais elle nécessite quand même une bonne endurance. On se faufile jusqu’à arriver à la « cascade de la seringue », une expérience forte. Bien entendu, comme pour beaucoup de choses, on garde le meilleur pour la fin avec la « cascade de la grotte ». Je ne peux que conseiller d’aller voir par soi-même, c’est la cerise sur le gâteau.

A la fin d’une journée dans le canyon de Subra, on a la sensation d’avoir relevé un challenge, on regarde derrière satisfait et c’est l’occasion d’aller boire une mousse ou un perrier fraise avec son équipe. Subra a tous les ingrédients d’une bonne journée en canyon ; une bonne dose de technique, une lampée de paysages superbes, une pincée de dépassement de soi, il ne manque que … la bonne équipe ! On vous attend cet été, au coeur de la jungle ariégeoise pour une aventure unique !

canyon subra seringue speleo canyon ariege

 


dessin speleo buffo fret feature

Bivouac spéléo au Bufo Fret

Deux jours sous terre dans le réseau du Bufo Fret

Une expédition qui se prépare

Revenons à la racine de la chose ; qu'est-ce qu'une expédition ? D'après le Larousse, une expédition c'est entre autre ; "Voyage scientifique dans un pays éloigné ou difficile, ou voyage touristique plus ou moins important ou mouvementé ; hommes et matériel participant à ce voyage : Expédition au pôle Sud." Certes, nous ne sommes pas partis au pôle sud mais pour ce qui est de la partie mouvementée pourquoi pas. Bivouaquer dans le réseau du Bufo Fret, ce n'est pas rien. Olivier était le premier motivé par l'aventure, il a embarqué avec lui son fils Baptiste et Benoît un ami. Sandrine est venue se greffer également pour participer au projet. A la dernière minute, Morgan a vu passer l'évènement sur les réseaux sociaux et sans hésiter une seconde est venu compléter l'équipe. On avait notre équipe motivée, il nous restait à assurer la logistique. Il a fallu rassembler le matériel nécessaire ; combinaisons, harnais, casques, lumières, duvets... Et aussi la nourriture pour deux jours sous terre. J'étais en charge de préparer à manger pour le groupe et d'assurer la couverture médiatique de l'évènement, appareil photo au poing.  Rod est parti plusieurs fois en reconnaissance sur le terrain, il a repéré les endroits clés et l'emplacement du bivouac.  On s'est donnés rendez-vous à Bugarach le samedi matin, 10h.

speleo buffo fret bivouac

Ensemble, on s'est occupés de conditionner les affaires. Les duvets, les fringues de rechange, la nourriture, les cordes et trousse de secours. C'est compliqué de conditionner les sacs pour une expédition comme celle là. Il ne faut rien oublier mais il faut le minimum, car les sacs en spéléo demandent une attention et une gestion particulière. Les sacs, il faut les emmener, et ce n'est pas une mince affaire à travers les entrailles de la Terre. Rod nous expliquait la gestion des sacs, sorte de troisième bras pour le spéléologue. On a réussi à avoir un nombre de sacs acceptable, avec tout ce qu'il nous fallait dedans. On s'est mis en route pour l'entrée du réseau du Bufo Fret.

Premier jour sous terre

speleo buffo fret lac lutin

Une courte marche d'approche nous a mis dans le bain direct, l'entrée de la grotte était là. Tête la première on se jette dans l'inconnu. Au début l'excitation et le management des sacs dominent l'activité. On arrive dans "le lac des lutins", on barbote dans l'eau, la roche nous donne quelques avants-goûts de ce que la nature sous terre peut nous offrir mais pas de lutin. On mange un morceau près du lac. C'est le moment de la première remontée sur corde. Et oui, l'originalité de ce réseau est de remonter dans la montagne.

speleo buffo fret remontee corde

Monter sur corde c'est une chose, notre équipe a été bien briffée par Rod, on s'économise, il n'y a aucune performance à suivre, il faut maîtriser la technique afin de remonter sans se cramer complet au début de l'exploration du réseau. Mais monter les sacs c'est encore une autre paire de manche. Un équipier monte, il est suivi d'un sac au bout d'une corde monté à la poulie. Ce passage fini, on attaque la section dites de "Pearl Harbor". Un peu plus technique, il faut se faufiler dans un passage plus étroit en se faisant passer les sacs. Une belle action ! L'esprit d'équipe est au beau fixe, on rigole, on transpire, les sacs passent d'une main à une autre, on monte dans le réseau et on arrive au "Grand Balcon". A partir de là, vacances ! Les sacs sont montés dans la "Galerie des Sables", lieu de notre bivouac et nous pouvons repartir explorer le réseau.

speleo buffo fret galerie des piques

Une petite montée sur corde encore et nous entrons dans la "Galerie des piques". L'ambiance est superbe, nous sommes sept explorateurs sous terre, des concrétions partout s'agencent comme des représentations théâtrales de mère nature, à chaque pas on découvre de nouvelles formes. C'est assez grand et pour se repérer Rod a emmené avec lui sa tablette et une version PDF de la topographie du réseau qu'on peut agrandir à 400%. C'est beau la technologie !

speleo buffo fret topographie tablette

On découvre amusés les noms donnés aux différentes parties du réseau, pas toujours drôle comme "la peste brune" ou plus enjoué ; "le réseau boubou". Pour l'instant il semblerait qu'on soit dans la "Galerie des intraterrestres". On continue d'avancer, on passe de salles assez vastes à des sections plus étroites, on fait attention où l'on met les pieds. Des fois de grandes failles creusent le sol et on n'en voit pas le fond. C'est l'aventure !

speleo buffo fret dessin

Dans la "Galerie des petits gris", on arrive au grand toboggan d'argile. Avant d'y aller Rod nous annonce qu'il n'a pas été plus loin dans ses explorations précédentes de la cavité. Il est, comme nous, face à l'inconnu et donc face à la découverte. Remonter un toboggan d'argile n'est pas la meilleure idée que tu aies jamais eu. Rod trouve un passage, on se faufile, on arrive face à un laminoir, passage qui peut être large mais bas de plafond, on y est obligés de se déplacer en rampant. On sort de là au-dessus du toboggan, pari réussi ! On continue, grisés par la découverte et l'inconnu.

speleo buffo fret topographie

Se repérant avec la tablette, on arrive à savoir qu'on fait ce grand virage à 360°, pour l'instant ça va, tout le monde a le sourire, tout le monde veut continuer. Mais au bout de quelques instants on se trouve face à une crevasse où l'on avance en opposition, avec un peu de gaz sous les pattes et il semble que devant on ne puisse plus aller bien loin sans s'exposer dangereusement. Rod prend la décision de faire demi-tour, nous expliquant que c'est le lot des spéléologues de devoir renoncer sans avoir vu le fond. Il est rare de voir le fond. On fait donc le chemin inverse, on remonte ou descend des cordes, on arrive au bivouac. La notion du temps a complètement disparue dans notre équipe.

speleo buffo fret bivouac apero

Au bivouac, il est question d'installer un endroit repéré avant par Rod pour le coin pipi, d'enlever les combis pour se mettre des habits secs, de préparer le repas. Sur une bâche on étend une belle nappe, on dispose les vivres. Le saucisson, la saucisse de foie, les anchois marinés à la provençale, quelques radis, des tomates cerises, des olives, un fromage de chèvre et un toudeille vache-brebis, la soupe de poireaux pommes de terre, recette de ma grand-mère, chauffe sur un réchaud. On mange de bon appétit, tout le monde a le sourire mais la fatigue est présente. On a crapahuté huit heures dans le réseau et quand la soupe arrive elle est appréciée par tous. Un petit verre de Gaillac pour remettre les plus vaillants sur pied, on se marre autour de la table, on se remet d'une belle journée en exploration. On installe le bivouac, une tente collective est amarrée au milieu de la belle "galerie des sables", tous nos explorateurs s'y installent sauf Baptiste décidé à affronter seul la nuit sous terre mais quand même juste à côté des autres.

Deuxième jour sous terre

La nuit fut marquée de sporadiques ronflements non identifiés, l'ours des cavernes peut être ? On ne s'est pas réveillé tôt, on a pris le café et un petit déjeuner, puis on a rangé le campement, reconditionner tout dans les sacs devenus plus légers. Le but est de ne laisser aucune trace de notre passage afin de ne pas déranger le monde souterrain. Avant de repartir de la "Galerie des sables", on va pousser un peu dans cette galerie, voir ce qu'il y a plus loin.

speleo buffo fret galerie des sables

On passe dans un laminoir et on arrive dans une belle petite salle où la roche prend des formes insoupçonnables. Plus loin le laminoir est trop étroit pour qu'on puisse s'aventurer dedans. On fait demi-tour et on revient à notre bivouac. L'exercice de reconditionnement effectué, on peut descendre les sacs au carrefour entre le chemin du retour et les cordes pour monter jusqu'à la "Galerie des piques" d'où on pousse jusqu'à la "Galerie blanche".

speleo buffo fret galerie des sables

Ce qui est superbe dans le réseau du Bufo Fret, c'est que chaque galerie possède un style bien particulier, le paysage n'est jamais le même et on découvre sans arrêt les différents paysages cavernicoles. La galerie blanche, quasiment inconnue pour Rod, est assez resserrée, accidentée, de belles concrétions finement ciselées s'étendent dans la roche, l'ambiance y est plus électrique. On monte, on passe en opposition quelques endroits et puis on se retrouve au puits.

speleo buffo fret galerie blanche

Difficile d'avancer plus, on fait demi-tour. Nous retrouvons les sacs et l'emplacement est idéal pour un pique nique du midi. Il ne nous reste plus qu'à retraverser "Pearl Harbor" dont le souvenir restait vivace chez nous. Étrangement la descente s'est faites très rapidement et sans grandes difficultés. On a retrouvé le lac après avoir descendu en rappel ce que la veille on montait au bloqueur. On a retrouvé la sortie sous un grand soleil, sous les sacs la plage et on est redescendus à la voiture pour se changer, ranger le matos, boire une bière et échanger  avec le sourire sur cette sortie.

speleo buffo fret equipe

Une expédition comme celle-ci ne laisse pas indifférent. La notion du temps s'échappe, les téléphones n'existent plus, le lien avec l'extérieur est complètement coupé, on est dans un monde hostile et étranger, loin de la maison. On fait face à soi même, ses peurs et ses envies mais on est bien entourés. C'est une belle expérience et un intense morceau de vie. Avec la bonne équipe, c'est un plaisir partagé ! Si vous aimez l'aventure et la découverte, n'hésitez pas à vous renseigner sur nos prochaines expéditions en bivouac !

Texte, crédit photo, dessin et vidéo : Arthur Serres